Le « Statut Bailleur Privé » en 2026 : une réforme fiscale structurante mais encadrée

Objectifs déclarés

L’objectif affiché par cette réforme est triple :

  1. Relancer l’investissement locatif privé, en particulier dans la location nue longue durée, qui avait perdu de son attractivité face à la location meublée (LMNP/LMP).

  2. Stimuler la construction neuve et la rénovation de l’ancien, notamment pour atteindre des standards énergétiques élevés.

  3. Rééquilibrer l’avantage fiscal entre loueurs meublés et loueurs nus, en rendant la location vide fiscalement plus compétitive.

1. Principe fiscal central : l’amortissement des biens loués

La mesure phare de ce nouveau régime fiscal est l’autorisation d’amortir fiscalement les biens donnés en location nue — une possibilité jusqu’ici réservée à la location meublée (LMNP/LMP) qui relève des BIC.

Concrètement :

  • Amortissement annuel : une fraction du prix d’acquisition hors terrain du logement et des travaux peut être déduite chaque année des revenus fonciers imposables des bailleurs.

  • Taux indicatifs : dans les propositions parlementaires avalisées par le budget 2026, ces taux se situent autour de 3,5 % à 5,5 % par an selon le type de logement et la catégorie de loyer pratiqué (intermédiaire, social ou très social).

  • Plafonds : l’amortissement peut être plafonné annuellement (par exemple entre ~8 000 € et ~12 000 € selon les cas reportés dans les simulations fiscales).

  • Durée d’engagement : pour bénéficier de cet avantage fiscal, un engagement de location nue sur au moins 9 ou 12 ans est généralement requis.

Ce mécanisme s’apparente, sur ce point clé, à ce que permettait le LMNP, mais appliqué à la location nue.

2. Conditions d’éligibilité et obligations

Le dispositif ne s’applique pas automatiquement à tous les bailleurs :

  • Investissements éligibles : acquisitions réalisées à partir du 1ᵉʳ janvier 2026 (neuf ou ancien rénové sous conditions de travaux).

  • Type de location : uniquement location nue (hors meublé et meublé touristique).

  • Engagements de loyers et locataires : un plafond de loyers et des plafonds de ressources des locataires sont prévus pour certains niveaux d’amortissement.

  • Performance énergétique : des exigences de qualité énergétique (DPE) ou des travaux de rénovation sont souvent exigés pour l’ancien.

3. Mesures complémentaires pour les bailleurs

Au-delà de l’amortissement, le statut bailleur privé s’accompagne d’autres mesures fiscales :

Abattement du micro-foncier amélioré

Le régime micro-foncier, qui s’applique lorsque les revenus fonciers bruts ne dépassent pas un certain seuil, était historiquement limité. Le gouvernement a envisagé dans le cadre de la réforme :

  • Réhaussement de l’abattement forfaitaire à 50 % (contre 30 % auparavant).

  • Maintien du seuil de 15 000 € de revenus bruts pour l’accessibilité.

Ce renforcement vise à simplifier la fiscalité des petits bailleurs et à équilibrer la charge entre location nue et meublée.

Déficit foncier

Le déficit foncier imputable sur le revenu global peut être amélioré par des travaux, notamment énergétiques, mais reste encadré par des plafonds spécifiques (par exemple ~10 700 € par an dans certaines versions du dispositif).

Maintien du régime meublé (LMNP/LMP)

Malgré l’effort pour valoriser la location nue, le régime LMNP/LMP et ses amortissements continuent d’exister. Le budget 2026 n’a pas remis en cause ce régime, même si les stratégies fiscales entre nu et meublé devront être repensées.

4. Impacts concrets pour les investisseurs (chiffres à retenir)

Éléments Situation avant 2026 Avec le statut bailleur privé (2026)

Abattement micro-foncier 30 % 50 % (avec seuil identique de ~15 000 €)

Amortissement fiscal pour location nue non prévu 3,5 % à 5,5 %/an selon cas

Plafonds amortissement annuel – ~8 000–12 000 € selon type

Engagement minimum de location non requis ~9–12 ans

5. Enjeux pour la gestion de patrimoine

Ce nouveau cadre fiscal invite à revoir les stratégies patrimoniales immobilières des particuliers :

  • Stratégie fiscale : il devient essentiel d’analyser au cas par cas la rentabilité nette (après impôt) entre la location nue avec amortissement et les autres régimes existants (meublé, SCI, etc.).

  • Approche long terme : les engagements de durée et les contraintes de loyers impliquent une vision patrimoniale sur 10 ans ou plus.

  • Performance énergétique : intégrer les coûts et avantages des travaux dans la réflexion patrimoniale devient indispensable.

Conclusion

Le statut bailleur privé 2026 représente une évolution majeure de la fiscalité immobilière française. Il introduit un mécanisme d’amortissement fiscal appliqué à la location nue, rééquilibrant le jeu entre différents types de location. En contrepartie, il impose des engagements durables et des contraintes de loyers et de performance énergétique.

Pour les investisseurs avertis, ce régime offre des leviers de défiscalisation structurée, mais nécessite une analyse fine de chaque projet — notamment en matière de rentabilité nette et de contrainte de gestion — dans le cadre de votre stratégie patrimoniale 2026.

 

sources

  • PAP particulier à particulier

  • Le Point.fr

  • 123Loger

  • NALO

  • Propriétairemaintenant.fr

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